« Sweet » détour

Je mangeais avec mon amie L. il y a quelques jours et je m’étonnais de ne pas la voir prendre un dessert. Ne pouvant que très rarement résister à un dessert moi-même, je lui demandai donc d’où venait cette retenue. Et elle me raconta une bien belle histoire.

Elle a récemment « retrouvé » sa belle-fille qui n’était plus en contact avec elle depuis plusieurs années. Leurs retrouvailles ont été des plus agréables, comme deux vieux amis qui se racontent tout à nouveau et même plus du fait de la longue séparation (du moins, c’est ce que j’ai cru comprendre). Mon amie partait en week-end avec un groupe quelques jours plus tard et prososa donc la dernière place de libre à C., sa belle-fille. Malheureusement C. n’était pas en mesure de se joindre au groupe alors L. a commencé à penser à une façon d’être quand même présente avec C. en pensée. S’inspirant d’un des enseignements de la philosophie du yoga, elle décida de ne pas prendre de dessert ce week-end-là et qu’à la place, chaque fois qu’elle aurait envie de dessert, elle penserait à C. et passerait donc ce petit moment avec elle en pensée.

J’ai beaucoup aimé le concept si on peut appeler ça comme ça et ai décidé de l’appliquer moi-même pour essayer de manger moins de sucre, ou du moins d’éviter les desserts. C’est en quelque sorte un détour, une déviation – c’est le mot utilisé dans la philosophie du yoga – que je trouve très positif à bien des niveaux. Ça nous fait du bien et en même temps, c’est tout en générosité. Mais, pour moi, suite à une conversation avec une autre amie, il était important que ça ne soit pas un don de type sacrifice. Je ne voulais aucune violence (pour moi, sacrifice = violence) là dedans, surtout parce que j’avais bien compris qu’il n’y avait eu aucune violence, ni souffrance dans le détour de L. mais bien un glissement tout en douceur, du fond du coeur. Ça ne lui enlevait rien, elle créait une ouverture.

Alors, j’ai décidé de me connecter à mon enfant intérieur chaque fois que j’aurai envie de dessert. Résultat? Oh société de résultats…. 🙂 J’ai été surprise à quel point ça a bien fonctionné les premiers jours. Plus de biscuits, plus d’escapades pour aller chercher de la crème glacée. Depuis, je me suis laissée tenter bien sûr, mais je suis fière du résultat parce qu’un dessert en deux jours au lieu de un dessert midi et soir, c’est déjà ça de gagné, et surtout, ça me donne l’occasion de me reconnecter à moi-même et ça, c’est plus nourrissant que le meilleur dessert au monde.

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