L’ennemi proche

knife-204945_1280C’est un concept psychologique. Deux émotions qui ont l’air similaires mais qui sont en fait des opposés. L’un se fait passer pour l’autre, on le confond avec l’autre mais l’un est sain et l’autre est malsain, tordu même.

Il y a trois paires:

  • l’attachement et l’amour
  • la pitié et la compassion
  • l’indifférence et la sérénité.

La pitié et la compassion sont les plus faciles à comprendre.

Quand on dit compassion, on parle d’avoir de l’empathie. Vous voyez l’autre personne comme votre égal. Pas avec la pitié. Si vous prenez quelqu’un en pitié, vous vous sentez supérieur. La pitié ressemble à la compassion, agit comme la compassion mais est en fait totalement l’opposé de la compassion. La pitié détruit, et repousse l’émotion plus noble parce que nous voulons croire que nous ressentons l’une mais ressentons véritablement l’autre.

L’amour et l’attachement

Les mères et les enfants sont des exemples classiques. Pour certaines mères, leur rôle est de préparer leurs enfants à vivre dans ce grand monde, à être indépendants, à se marier et à avoir des enfants à leur tour. De vivre ce qu’ils choisissent de vivre et de faire ce qui les rend heureux. C’est l’amour. D’autres s’accrochent à leurs enfants, déménagent dans la même ville, le même quartier. Elles vivent à travers leurs enfants, les manipulent, utilisent la culpabilité, les handicappent en fait en ne leur apprenant pas à être indépendants. Mais ça n’est pas juste dans le cas des mère et des enfants, le concept s’applique à des amitiés, des mariages, toute relation proche. L’amour veut ce qu’il y a de mieux pour l’autre. L’attachement prend des otages.

La sérénité et l’indifférence

C’est la pire des paires, la plus « corrosive ». La sérénité est équilibre. Lorsque quelque chose nous dépasse totalement dans notre vie et que nous nous sentons submergés, nous le ressentons profondément mais nous avons aussi la capacité de surmonter cette expérience. Vous l’avez déjà vu. Des gens qui arrivent à surmonter la perte d’un enfant ou d’un conjoint.  Des deuils incroyables et des tristesses intenses. Mais au plus profond d’eux-mêmes, ces gens trouvent une force intérieure. C’est ce qu’on appelle la sérénité. Cette capacité d’accepter les choses et d’aller de l’avant.

Maintenant, pensez à ces gens-là et aux caractéristiques extérieures qui se manifestent dans de telles situations. Leur calme face à la tragédie, et certains sont vraiment courageux. Mais certains sont psychotiques, ils ne ressentent pas de souffrance. Ils ne se soucient pas des autres. Ils ne ressentent pas les choses comme la plupart d’entre nous. Ils sont comme l’homme invisible, enveloppé dans les « chaînes » de l’humanité mais sous la surface, c’est le vide.

Il est difficile de faire la différence entre l’un et l’autre. Les gens sereins ont un courage incroyable. Ils absorbent la souffrance, la ressentent pleinement et ensuite lâchent prise. Ils ressemblent exactement à ceux qui s’en foutent totalement, ceux qui sont indifférents. Calmes, maîtres d’eux-mêmes. On admire ça. Mais qui fait preuve de courage et qui fait preuve d’indifférence?

Traduction/Interprétation d’extraits de « The Cruellest Month » de Louise Penny (roman policier).

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